SOCIAL-DÉMOCRATIE 06

Propager et diffuser des idées propres à favoriser la rénovation du socialisme et de la social-démocratie, associer tous les acteurs de la vie politique, sociale, économique sportive et culturelle intéressés.

01 novembre 2007

Dominique Strauss-Kahn prend officiellement les rênes du FMI

h_3_ill_973606_dsk

Dominique Strauss-Kahn prend officiellement jeudi la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), avec pour mission prioritaire d'assurer une place plus importante aux économies émergentes dans cette institution.

L'ancien ministre socialiste français de l'Economie, âgé de 58 ans, a été nommé à la succession de l'Espagnol Rodrigo Rato, démissionnaire, après avoir promis de réformer des structures qui reflètent encore l'équilibre économique du sortir de la Seconde Guerre mondiale, c'est-à-dire dominées par les Etats-Unis et l'Europe.

"DSK" devra notamment trouver un accord d'ici 2008 parmi les 185 membres du FMI, dont le siège est à Washington, pour accroître les droits de vote des pays émergents, aujourd'hui sous-représentés.

La principale difficulté pour y parvenir sera, de l'avis d'analystes, de persuader des pays européens réticents de réduire leurs droits de vote.

"Nous sommes habitués historiquement à considérer que le blocage vient de Washington mais pour l'instant, il provient plutôt d'Europe", explique Domenico Lombardi, président de l'Oxford Institute for Economic Policy, qui cherche à faire dialoguer chercheurs et responsables politiques.

Avec la Chine et l'Inde comme moteurs de la croissance mondiale et la montée des craintes d'un ralentissement économique aux Etats-Unis et en Europe, les pays émergents exigent un plus grand rôle au sein du FMI, une institution chargée de veiller à la stabilité financière mondiale.

Les Etats-Unis sont attachés à leur droit de veto sur les décisions du FMI mais ils ont déclaré ne pas vouloir accroître leurs droits de vote.

UN SIÈGE UNIQUE EUROPÉEN ?

Des pays comme la France et la Grande-Bretagne craignent qu'une nouvelle répartition des droits de vote au sein du FMI ne les placent derrière la Chine, dont l'économie se classe déjà au quatrième rang mondial derrière les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne.

Avec Strauss-Kahn au gouvernail du FMI et la récente nomination du ministre italien des Finances, Tommaso Padoa-Schioppa, à la tête du comité directeur de l'institution, Lombardi estime que les deux hommes pourraient ensemble persuader l'Europe d'accepter un changement.

"L'Europe va devoir accepter une érosion de ses droits de vote, cela ne fait aucun doute, mais elle pourrait dans le même temps prendre des mesures qui renforceraient notablement son influence au sein de l'institution", explique Lombardi, également une des figures du Brookings Institute à Washington.

Les pays européens pourraient ainsi rassembler leurs droits de vote au sein d'un grand siège unique au conseil d'administration du FMI, poursuit Lombardi. Les pays européens occupent actuellement huit sièges sur 24.

"L'intérêt à long terme pour l'Europe est d'avoir une institution monétaire internationale fonctionnant bien et contribuant réellement à la stabilité financière internationale", prévient-il.

AVERTISSEMENT

Certains pays en développement comme le Brésil et l'Argentine ont averti sans ambages que les pays émergents pourraient abandonner purement et simplement le FMI si ce dernier n'évolue pas.

Certains pays membres veulent en outre que le Fonds se concentre davantage sur la surveillance du système financier mondial et sur ses évolutions après les récentes turbulences sur les marchés, mais aussi sur la baisse du dollar américain, sur la flambée des cours pétroliers et sur les déséquilibres économiques mondiaux.

Strauss-Kahn devra réformer une institution dont les conseils ont largement été ignorés par des pays développés comme les Etats-Unis, à l'origine de la récente crise du crédit.

Le FMI avait averti Washington à plusieurs reprises des dangers liés aux prêts hypothécaires à risque, les "subprime", mais certains pays estiment que le Fonds aurait dû s'assurer que ce message était bien entendu par les marchés.

Lors de l'assemblée générale du FMI il y a deux semaine, les ministres des Finances ont d'ailleurs demandé un contrôle renforcé d'une série de nouveaux instruments financiers complexes.

Dans le même temps, l'autorité du Fonds sur les économies en développement s'est affaiblie car ses prêts d'urgence sont moins utiles et de grands créditeurs comme le Brésil et l'Argentine ont même déjà remboursé leur dette au FMI.

Outre la réforme "politique" du FMI, Strauss-Kahn devra aussi pousser l'institution à réduire ses dépenses de fonctionnement et lui trouver de nouvelles ressources, ce qui pourrait passer par la vente d'une partie des réserves d'or du Fonds.

Posté par soc et dem à 17:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire