SOCIAL-DÉMOCRATIE 06

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13 avril 2008

L'envolée du prix des denrées alimentaires, un phénomène mondial

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Par Prometheus, lundi 25 février 2008 (www.fondation-prometheus.org)   

"L'envolée des prix des denrées alimentaires est un phénomène mondial, dû au pouvoir d'achat croissant dans les pays émergents comme la Chine, mais aussi au développement des biocarburants ou encore à la spéculation sur les matières premières.

Commencé il y a deux ans, c'est "un phénomène qui s'est accéléré en 2007", remarque Chris Lupoli, stratège inflation chez UBS.

L'indice de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mesurant l'évolution des prix alimentaires dans le monde a bondi de près de 40% l'an dernier.

Champion de la hausse, le blé a flambé de 287% sur les marchés mondiaux de matières premières depuis le 1er janvier 2006. Le maïs et le soja ont pris respectivement 149% et 129%, tandis que les prix du riz ont grimpé de 60%, ceux du café de 139% et ceux du jus de fruit de 23%, souligne Thierry Lefrançois, analyste matières premières chez Natixis. Première explication: les changements de mode de vie dans les pays émergents comme la Chine, qui adoptent une alimentation plus carnée, ce qui nécessite plus de bétail, donc plus de maïs, de blé et de soja pour les nourrir, et davantage de surfaces cultivées.

"Quantité d'événements climatiques depuis deux-trois ans ont eu un impact", en particulier la sécheresse et de mauvaises récoltes de blé en Australie, souligne aussi Thierry Lefrançois. Il fait valoir également une mauvaise anticipation au niveau européen: "la Politique agricole commune (PAC) a réduit les surfaces" cultivables car les autorités tablaient sur une baisse de la demande.

Autre facteur clé: la vogue des biocarburants en Europe et aux Etats-Unis, et "l'utilisation de céréales et oléagineux pour produire du bioéthanol ou du biodiésel, qui fait concurrence à une utilisation alimentaire de ces ressources", note Chris Lupoli. Enfin, en période d'incertitude économique, les matières premières, y compris alimentaires, sont devenues des valeurs refuge pour les investisseurs. Pour M. Lupoli, la tendance haussière est "un problème structurel qui va durer". Un avis partagé par M. Lefrançois. Il remarque que pour que les prix baissent, il faudrait "augmenter les surfaces agricoles", ce qui ne peut aller au-delà de la mise en culture des jachères, ou "que les gens reviennent à une alimentation traditionnelle à base de riz". Ce qui lui semble improbable "tant que la croissance économique sera là" dans les pays émergents. Or, la Chine a enregistré une hausse de son produit intérieur brut de 11% l'an dernier."

Posté par soc et dem à 22:50 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

Amis lecteurs, je vous recommande vivement de cliquer sur le mot indice de la FAO, une vraie mine d'informations pour qui s'intéresse, un peu, à ce qui se passe au delà de notre tout petit petit hexagone...

Posté par nathalie, 13 avril 2008 à 22:59

Sources L' Echos
Inflation des prix alimentaires: le "grenier" de l'ONU dans la tourmente
La flambée des prix des denrées alimentaires frappe de plein fouet les organisations internationales d'aide humanitaire, et plus particulièrement le "grenier des Nations unies", le Programme alimentaire mondial (PAM).

(AFP) - La flambée des prix des denrées alimentaires frappe de plein fouet les organisations internationales d'aide humanitaire, et plus particulièrement le "grenier des Nations unies", le Programme alimentaire mondial (PAM).

"Nous distribuons quatre millions de tonnes de vivres par an, l'augmentation de 55% du coût des produits alimentaires depuis juin 2007 a donc un impact énorme sur nos opérations", explique Christiane Berthiaume, porte-parole du PAM à Genève.

Présente dans 78 pays où elle nourrit 73 millions de personnes, cette agence de l'ONU fait face à des difficultés inédites: "il est devenu très difficile de trouver la nourriture", commente Nicole Ménage, chef du service des achats alimentaires du PAM à Rome.

"Beaucoup de pays ont mis en place des mesures limitant leurs exportations d'aliments, en Asie, en Afrique et en Amérique latine", décrit-elle.

"Pour nous, le défi est de trouver un équilibre entre se procurer de la nourriture sans mettre en danger la sécurité alimentaire de ces pays", ajoute-t-elle.

Par ailleurs, de nombreuses régions où se fournit le PAM n'ont pas accès à la mer. L'augmentation des prix du pétrole et par voie de conséquence celui du coût des transports est une autre préoccupation de l'organisation.

En Afrique de l'ouest, le PAM estime ainsi à 30% les coûts supplémentaires de ses opérations.

Fin mars, l'organisation a lancé un appel pour obtenir 500 millions de dollars (325 millions euros) supplémentaires afin de couvrir ce surcroît de dépenses.

Pour les experts, la hausse des prix alimentaires va inciter le PAM à modifier plus profondément son fonctionnement et l'origine de ses achats.

Sur les quatre millions de tonnes de nourriture qu'il distribue par année, le PAM se procure deux millions de tonnes sur les marchés proches de ses opérations, deux autres millions étant fournis par les pays donateurs.

Les Etats-Unis offrent ainsi la grande majorité de leur aide en nature, ce qui leur permet d'écouler leurs excédents alimentaires et parallèlement de maintenir les subventions à leurs agriculteurs, relèvent des analystes comme Mickey Chopra, directeur de l'unité de recherche des systèmes de santé au Medical research Council du Cap (Afrique du sud).

De même, l'aide financière offerte au PAM par le Japon ou le Canada est accompagnée d'une exigence: l'argent doit servir à acquérir, auprès des agriculteurs japonais ou canadiens, les produits dont l'organisation a besoin.

"Les excédents agricoles que les Etats-Unis donnent au PAM ont contribué dans un premier temps à une baisse des prix des produits alimentaires en Afrique, et donc à un désinvestissement dans le secteur agricole de ces pays", une des causes de l'actuelle pénurie, note Mickey Chopra.

"Le PAM devra à terme investir davantage dans la production alimentaire locale en Afrique et développer l'assistance technique", estime ce scientifique.

Le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), Jacques Diouf, a souligné ce phénomène, pointant du doigt "les politiques agricoles erronées menées au cours des 20 dernières années".

M. Diouf a également mentionné l'effort insuffisant des banques internationales en faveur de l'agriculture, l'absence d'une politique mondiale de protection des ressources en eau et le développement des bio-carburants qui contribue à une baisse des surfaces consacrées aux denrées alimentaires.

"Une opération massive de distribution de semences et de fertilisants" est devenue nécessaire dans les pays menacés par la pénurie alimentaire, a-t-il souligné.

L'envolée des prix des céréales crée dans 37 pays pauvres une situation d'urgence qui a conduit à des émeutes de la faim, s'est alarmée récemment la FAO."

L'Allemagne a décidé (le 4 avril 2008) d'arrêter la production massive de bio carburant, officiellement parce qu'il ne serait pas adapté aux moteurs, officieusement "parce qu'on ne brûle pas de la nourriture dans des moteurs"....

Posté par socdem06, 13 avril 2008 à 23:10

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