30 avril 2008
A l'occasion du voyage du Président SARKOZY en Tunisie
Re-so (REformistes et SOlidaires) rappelle son attachement au partenariat euro-méditerranéen (www.re-so.net) et sa campagne pour la défense des droits de l'homme en Tunisie.
"Le partenariat
euro-méditerranéen, créé il y a dix ans à Barcelone, prévoyait la
promotion des principes démocratiques dans un certain nombre de pays de
la rive sud de la Méditerranée. Mais, de fait, rien n’a été
véritablement accompli en faveur du développement de la démocratie et
des libertés publiques dans les pays du Maghreb. En Algérie, au Maroc
mais surtout en Tunisie, de nombreuses associations de défense des
droits de l’homme dénoncent les manquements du pouvoir aux principes
fondamentaux de la liberté d’expression, d’association, de la presse.
En Europe, nos responsables politiques ferment
lâchement les yeux sur cette réalité ; et les enjeux diplomatiques,
économiques et stratégiques l’emportent sur la défense des libertés
publiques.
Nous, jeunes européens, souhaitons donc nous faire les
relais des forces démocratiques de ces pays, et les soutenir dans leur
combat.
A l’heure où certains ressassent un passé douloureux,
nous faisons le choix de nous tourner vers l’avenir ; l’avenir d’une
jeunesse en demande de démocratie et de liberté. La proximité
géographique et culturelle qui nous unit à nos voisins méditerranéens
est le gage d’un dialogue fructueux et constructif.
Nous croyons que des échanges entre jeunes d’Europe et
du Maghreb, sur les questions de promotion des libertés publiques,
pourront faire émerger une véritable solidarité euro-méditerranéenne
sur ces questions.
En 2006, RéSo s’engage dans une campagne de soutien à
la démocratie dans les pays du Maghreb. Avec nous, participez à un élan
de solidarité avec la jeunesse du Sud !"
21 avril 2008
Le PS présente sa nouvelle "carte d'identité"
La Commission de la Rénovation du Parti vient d’élaborer un projet de « déclaration de principes » (à lire ICI) qui offre un nouveau regard sur les fondements de la théorie socialiste et la société qu’il entend construire pour les prochaines années.
L’analyse d’Alain Bergounioux, Secrétaire national aux Études.
Le Parti socialiste vient d’élaborer un projet de « déclaration de principe » pour 2008, la cinquième seulement en un siècle…
Précisons d’abord que ce projet a été élaboré par la Commission de la Rénovation qui rassemble toutes les sensibilités du Parti. Et qu’il sera soumis à débat, puis au vote des fédérations, avant d’être adopté lors de la Convention nationale du 14 juin. Pour le reste, la première déclaration de principes a été entérinée en 1905, au moment de la création de la SFIO. La seconde a été rédigée en 1945, sous la plume de Léon Blum, au moment de la refondation, après l’Occupation. Une troisième a suivi, en 1969, en pleines discussions entre la SFIO et la Convention des institutions républicaines (CIR), en perspective de la création du Parti socialiste, à Épinay. La dernière (1990) a été préparée en vue du congrès de Rennes, avec l’ambition de tirer des enseignements des dix années écoulées. La future déclaration sera la première du genre au XXI e siècle.
Comment définiriez-vous la notion de « principes » ?
La déclaration n’est ni un projet, ni un programme, ni même encore un ensemble de mesures. Elle se résume par des idées fortes. C’est la carte d’identité du Parti. Il ne s’agit cependant pas d’une plate-forme programmatique, mais d’un texte précis et concis.
Quels sont les fondements théoriques de cette nouvelle déclaration ?
Elle débute par un préambule qui se réfère aux racines historiques du Parti. La première partie s’interroge sur les finalités fondamentales, à partir d’une réflexion sur la personne humaine, la libération, les discriminations… Ce qui revient à définir très clairement les rapports entre égalité et liberté. Gardons bien à l’esprit que la perspective égalitaire de notre engagement se fait au nom des libertés.
Il apparaît également très clairement qu’il ne peut y avoir de libération possible qu’au prix d’une véritable sauvegarde de la planète. Cette déclaration fait donc du développement durable une finalité en soi, ce qui nous conduit à redéfinir la notion même de progrès. Progrès humain, pour commencer, mais aussi rapport à la science, en mettant l’accent sur le principe de précaution… Autant de réflexions qui ne figuraient pas dans les précédentes déclarations de principes.
Quelles perspectives ce texte dresse-t-il ?
Notre objectif est de démontrer que nous avons toujours un rapport critique au capitalisme, en donnant une définition claire et précise de notre positionnement. Nous érigeons ainsi en principe la notion d’économie sociale et écologique du marché. Si celui-ci a toute sa place dans notre société, il ne doit pas moins être soumis à régulation dans le cadre d’une intervention de la puissance publique, là où c’est nécessaire et indispensable. Nous donnons donc un fondement théorique à la formule consacrée de Lionel Jospin : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché ». Un certain nombre de biens ne peuvent être distribués par le seul marché.
Dès lors que nous parvenons à démontrer qu’il y a équivalence entre dignité humaine et sauvegarde de la planète, il nous faut imaginer un modèle de développement qui puisse allier action économique, impératif écologique et protection sociale. Nous tentons ensuite de définir ce qui résulte de l’apport historique des socialistes dans les sociétés européennes : quelle est notre conception de l’État, au regard du système économique dans lequel nous vivons ? Quels objectifs pouvons-nous lui assigner, en termes d’innovation, d’investissement et de redistribution ? Toutes ces notions sont analysées sous un angle international, affirmé dès l’origine par Jean Jaurès, et réaffirmé par la suite. Nous parlons aussi de notre conception de la France à la fois ouverte, singulière et universaliste.
Cette déclaration de principes fixe enfin dans le marbre quelques caractères propres à notre vocabulaire commun, que nous nous efforçons de définir. Qu’entendons-nous au juste par République ou laïcité ? Quelle est notre conception de la justice et de l’Europe ? Quid de notre rapport à la démocratie ? Autant de questions qui sont clairement identifiées ici. Sans doute plus encore que par le passé.
Le socialisme peut-il incarner un nouvel espoir face aux méfaits du capitalisme et de l’ultralibéralisme ?
Celles et ceux qui ont travaillé sur cette déclaration sont convaincus de la pertinence de l’action et de la théorie socialistes. À sa lecture, on comprend pourquoi le socialisme démocratique, différent du libéralisme, porte un message qui répond aux problématiques posées par notre siècle : préservation de la planète, développement équilibré, lutte contre les inégalités… Ce qui fait la force du socialisme, c’est qu’il est capable d’allier l’idéal au réel, le futur et le présent, tout en assumant les contradictions de notre société. Ce n’est pas une faiblesse, mais une force qui permet une adaptation aux aléas auxquels nous sommes sans cesse confrontés. C’est en ce sens qu’il porte un espoir, non pas seulement parce qu’il est une idée, mais surtout parce qu’il allie théorie et pratique.
Propos recueillis par Bruno Tranchant
A six mois de son congrès, le Parti socialiste a établi une nouvelle base idéologique
Pas d'envolées lyriques mais des phrases courtes, dans lesquelles chaque mot a été soigneusement pesé. La commission présidée par Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du Parti socialiste, a mis au point une nouvelle déclaration de principes qui remplacera celle de 1990. Six mois avant le congrès de novembre, ce groupe de travail, où toutes les sensibilités étaient représentées, avait pour mission de de jeter les bases idéologiques de la rénovation du PS. Largement consensuel – ce qui suggère que le parti est, sur le fond, moins divisé qu'il y paraît –, ce document est le fruit d'un grand accord politique. Il sera soumis au vote lors de la convention nationale du 14 juin, après avoir été validé par les fédérations, qui ne devraient apporter que des retouches limitées.
Le préambule du projet de déclaration de principes souligne que "la nature du socialisme démocratique" est "d'aller à l'idéal et de comprendre le réel (…), d'assumer les tensions et les contradictions qui (…) font la vie humaine". L'article 1 rappelle l'objectif de parvenir à "l'émancipation complète de la personne humaine", mais pose sans attendre le principe de "la sauvegarde de la planète". Cette sensibilité environnementale se confirme à travers la reconnaissance d'un "modèle de développement durable" et l'affirmation du principe de précaution. "Les socialistes sont partisans d'une économie sociale et écologique de marché" – l'expression est inspirée par les partisans de Laurent Fabius –, poursuit le texte qui, legs strauss-kahnien, insiste sur l'obligation de favoriser un "secteur privé dynamique".
LE CONCEPT D'ETAT SOCIAL
"Parti décentralisateur", le PS est partisan d'une "économie de marché régulée par la puissance publique ainsi que par les partenaires sociaux". Il insiste sur la "qualité de l'emploi", qui suppose "une rémunération juste ainsi qu'une promotion professionnelle et sociale". Cette déclaration de principes emprunte aux sociaux-démocrates allemands le concept "d'Etat social", ce qui la conduit à évoquer, mais avec d'infinies précautions, la réforme de l'Etat-providence. La formule utilisée n'aurait pas été récusée par Jacques Delors : "La régulation (…) est un des rôles majeurs de l'Etat pour concilier l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale". Le texte établit l'obligation "de garantir pour tous la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n'y a pas de liberté réelle". La démocratie participative chère à Ségolène Royal est évoquée parmi les moyens qui permettent de promouvoir "la délibération et la décision collectives".
Dans la lignée des travaux de leurs "forums de la rénovation", les socialistes refusent de considérer "la nation comme une juxtaposition de communautés". Ils la définissent "comme un contrat entre citoyens libres et responsables", non sans préciser l'obligation de veiller "à ce que chacun accomplisse aussi ses devoirs vis-à-vis de la collectivité".
Assez peu disert sur la mondialisation, le document revendique, par ailleurs, "un ordre international juste et respecté". L'article 17, affirmant que "le Parti socialiste est un parti européen" qui "revendique le choix historique de l'Union européenne", est le seul à ne pas avoir fait l'unanimité au sein de la commission puisque Jean-Luc Mélenchon, qui représente une partie de la gauche du PS, s'est abstenu. L'histoire se répète : en 1990, c'est déjà la question européenne qui avait été à l'origine du seul vote contre, de la part du courant de Jean-Pierre Chevènement.
LA FIN DES "RAPPORT DE CLASSE"
Sur un plan plus doctrinal, le projet de déclaration ne fait plus mention des "rapports de classe" et, pour la première fois, s'abstient désormais de toute allusion au terme de "révolution". Le PS se définit "ancré dans le monde du travail" et affirme sa volonté "d'exprimer l'intérêt général du peuple français". Le PS confirme sa nature "réformiste" tout en se voulant porteur "d'un projet de transformation sociale radicale". Cependant, conscient que "celle-ci ne se décrète pas", il est prêt à "changer la vie par la loi et le contrat". Dernière précision qui a son importance, le Parti socialiste entend rassembler non pas toutes les forces de la gauche mais "toutes les cultures de la gauche". Une formulation habile qui suggère qu'un élargissement de sa stratégie d'alliances ne serait pas impie.
Enfin, les rédacteurs de ce texte glissent, dans le 21e et dernier article, que le PS "ne se résigne pas aux divisions de l'histoire". A travers cette redéfinition en 21 points de l'identité d'un parti qui ne fait plus mystère de son ambition d'incarner toute la gauche, certains socialistes pince-sans-rire voient une réplique aux 21 conditions posées au congrès de Tours par les communistes, lors de la scission de 1920.
20 avril 2008
"Cours camarade, le vieux monde est derrière toi." (Odéon Sorbonne). Source les slogans de 68
L'UPAM vous invite
Nous vous proposons mardi, dans le cadre de l’Université Populaire des Alpes Maritimes, un débat, au campus de St Jean d’Angély (qui bénéficie d’un arrêt tramway), au cours duquel, après 3 brèves interventions d’André Tosel, de Pierre Paul Danna et de JF Auvergne, la parole sera à la salle.
Nous souhaitons, après ces trois brèves approches divergentes de l’évènement, réfléchir ensemble sur la période actuelle, ce que Mai 68 a permis, ce qu’il n’a pas pu empêcher, la problématique et les défis contemporains. Le tout en terme de société, de culture, d’économie, de rapports individus-institutions, … De la politique oui, mais avec un grand P.
Mardi 22 avril, 19h-21h, St Jean d’Angely, amphi 6: “40 ans après, Mai 68 ?”
19 avril 2008
La semaine qui a chamboulé le paysage syndical
Désolée pour la longueur de l'article et sa mise en forme, je n'ai pas pu faire mieux.
Mathieu Magnaudeix relate parfaitement les enjeux de ce bouleversement dans le paysage syndical.
La presse nationale s'est assez peu exprimée sur le sujet, sans parler des médias télévisuels, pourtant cette semaine remet en cause toute la construction syndicale des 50 dernières années.....
Par Mathieu Magnaudeix ( Publié sur Mediapart (http://www.mediapart.fr)
Créé 17/04/2008
« Quelques jours auront suffis pour rebattre les cartes du syndicalisme
français. A cause d'un sujet tabou : la représentativité des syndicats.
C'est dans la nuit du 9 au 10 avril que tout a basculé. Ce soir-là, réunis
pour une ultime séance de négociations sur la représentativité, syndicats et
Medef dégagent un consensus sur lequel peu de monde aurait parié quelques
jours avant. Le texte, habilement dénommé « position commune », n’est pas un
accord : il faut bien sauver les apparences de la conflictualité entre
syndicats et patronat. Mais en réalité, il s’agit bien plus que d’un
compromis. La philosophie de ce texte tient en une phrase, ou presque :
désormais, les syndicats représentatifs le seront parce que les salariés
l’auront voulu. Fini, la représentativité de droit, accordée à seulement 5
syndicats en 1966 (la CFDT, la CGT, la CGE-CGC, FO et la CFTC). Si le
gouvernement reprend le texte à son compte, si le Parlement le vote en
l’état, il s’agira d’une révolution : au contraire d’aujourd’hui, il ne
suffira pas d’être représentatif aux yeux de la loi pour s’implanter dans
une entreprise et avoir le droit de s’opposer à un accord. Pour être
entendu, un syndicat devra dépasser 10% des voix aux élections du comité
d’entreprise et, à défaut, aux élections de délégués du personnel. Les
autres n’auront pas droit à
Acte I : la CGT se rallie au Medef et à la CFDT
CGT annonce qu’elle est d’accord pour apposer sa signature au bas de la «
position commune » sur la représentativité. Dans les centrales concurrentes, comme FO et l’Unsa, la surprise est réelle. Depuis 1970, la CGT n’a signé
aucun accord national, mis à part celui sur la formation professionnelle en
2003 et des accords sociétaux sur la diversité ou l’égalité hommes-femmes.
Les jours précédents, le négociateur de FO, René Valladon, ne voulait pas y
croire. « Ce n’est pas dans leur tradition, ils vont devoir faire face à une
grosse opposition interne. » « Ce sera un bordel général chez eux »,
prédisait même un des pontes de l’Unsa. C’était oublier que, depuis des
années, la CGT plaide pour que l’audience soit le critère essentiel de la
représentativité et appelle de ses vœux une « démocratie sociale » aussi
réelle que la démocratie parlementaire. C’était aussi omettre un peu vite le
penchant de plus en plus réformiste de la centrale de Bernard Thibault, et
son ambition, à peine voilée, de se partager avec la CFDT l’essentiel du
gâteau syndical. « Que la CGT ait signé ne m’étonne guère, indique Guy
<http://www.cevipof.msh-paris.fr/chercheurs/chercheurs_fiches/groux.html>
Groux [3], politologue au Cevipof, spécialiste des syndicats. Elle se
reconnaît de plus en plus dans un syndicalisme de proposition. On oublie
d’ailleurs trop souvent qu’elle signe de nombreux accords dans les
entreprises.» En apposant son paraphe, la CGT rejoint dans le clan des
signataires le Medef, la CGPME (petites et moyennes entreprises) et la CFDT,
qui donnera son aval la semaine prochaine.
Acte II : les réprouvés rejettent la position commune.
Chez les petits syndicats, la révolte gronde. Dès lundi 14 avril, Force
ouvrière, la première, dit non. Pour l’organisation de Jean-Claude Mailly,
il n’est pas question de valider un tel accord. « Sur la forme, il oblige à
désigner un délégué syndical parmi les seuls élus. Sur le fond, il condamne
probablement d’ici à 2015 des syndicats comme l’Unsa, Solidaires ou la CGC
», affirme René Valladon. Le négociateur FO ne mentionne pas que sa propre
organisation est elle aussi menacée par le « Yalta » imposé par la CGT et la
CFDT, dit un syndicaliste de l'Unsa. Troisième organisation au niveau
national, derrière la CGT et la CFDT, FO est loin de passer partout les 10%
des voix dans les entreprises, le seuil défini par les nouvelles règles de
représentativité. « Je ne comprends pas leur position, s’étonne Guy Groux.
Je croyais que Jean-Claude Mailly essayait de renouer avec le réformisme de
FO de la fin des années 80, cette ligne que Blondel avait remis en cause
avec un syndicalisme plus contestataire, destiné à concurrencer la CGT. » Le
chercheur s’avoue sceptique sur l’avenir de Force ouvrière, à terme. « Je
crois que FO est confronté à une marginalisation durable par rapport au jeu
contractuel.»
Jeudi 17 avril, c’est au tour de la CGC, de l’Unsa et de la CFTC d’abattre
leurs cartes. Première de la journée à dégainer, la CFTC rejette la
proposition commune au terme d’une courte réunion de ses principaux
dirigeants. Motif : elle dénonce un texte « syndicaticide », mortifère pour
les plus petites organisations. A commencer par elle. Car le syndicat
chrétien est aux abois. « Cette proposition commune, c’est notre Solution
Finale », affirme sans crainte d'exagérer un responsable de la CFTC dans
l’est de la France, un des plus gros bastions de la CFTC avec le Nord.
Terrible dilemme : « Ou l’on ne bouge pas et l’on se retrouve complètement
isolé, ou on fusionne et l’on perd notre identité. » La veille, le Figaro a
affirmé que la CFTC discuterait avec l’Unsa d’un rapprochement, à terme.
Interrogé par Mediapart, le président de la CFTC, dément vigoureusement. Il
confirme avoir rencontré le responsable de l’Unsa, Alain Olive, à deux
reprises à l’automne 2007, sans pour autant avoir parlé avec lui de
publication de bans. « Il n’a jamais été question de fusion. Nous voulons
rester nous-mêmes. Mais cela n’empêche pas des coopérations à l'avenir, sur
certains dossiers. » Pour le président de la CFTC, le débat tombe de toute
façon très mal. Jacques Voisin remet son poste en jeu cet automne. Campagne
oblige, son adversaire, le métallo Joseph Crespo, s’oppose à toute remise en
cause de l’indépendance maison.
La CFE-CGC (la centrale des cadres) et l’Unsa (les autonomes, très présents
dans le secteur public), elles aussi, se prononcent contre. Le bureau
national de l’Unsa y très opposé : créé en 1993, le syndicat n’a jamais
réussi, en dépit de ses efforts, à être admis dans le cénacle très fermé des
cinq organisations représentatives. Le comité directeur de la CFE-CGC est
plus nuancé. Il rejette finalement le texte par 25 voix contre, 18 pour et
une abstention. Mais si les débats traînent en longueur, ce n’est pas tant à
cause des tergiversations sur la position commune. Car, dans les deux
instances, il y a un autre point à l’ordre du jour qui est loin de faire
l’unanimité parmi les troupes : la possibilité d’un rapprochement entre les
organisations.
Acte III : l’Unsa et la CGC officialisent leur flirt
Entre l'Unsa et la CGC, les premiers contacts ont longtemps été tenus
secrets. « Des syndicalistes qui se rencontrent, c’est honteux », raconte un
dirigeant de l’Unsa. Alors, pour éviter les fuites, les dirigeants de l’Unsa
et ceux de la CGC jouent profil bas depuis février. Selon nos informations,
tout a commencé le 19 février, dans un restaurant parisien, à l’écart des
regards indiscrets. Au départ, ils sont six : les trois premiers dirigeants
de l’Unsa, dont le secrétaire général Alain Olive et le numéro deux Jean
Grosset, et leurs trois homologues de
la CGC. Huit jours plus tard, les
dirigeants se rencontrent à nouveau. La discussion avance bien. Les
responsables des deux syndicats décident de se voir toutes les semaines. Ils
partagent le même constat : à terme, leurs deux organisations auront du mal
à surnager avec les nouvelles régles de représentativité. L’Unsa, forte dans
le secteur public, en particulier dans l’éducation et la police, peine à
s’implanter dans le secteur privé. La CGC, elle, a du mal à élargir son
audience au-delà des métiers de l’encadrement. Et qui sait ? ce nouveau
syndicat pourrait même représenter une nouvelle force, capable, à terme, de
réunir un large spectre de réformistes et de gêner la CFDT, si sûre de sa
puissance.
La belle construction théorique se heurte pourtant à de nombreux obstacles.
À commencer par les inclinations politiques des deux organisations. Tandis
que l’Unsa ne masque pas sa proximité avec le parti socialiste, les
dirigeants de la CGC, eux, se réfèrent volontiers à la tradition du
gaullisme social. Lundi 14 avril, une indiscrétion dans L’Express révèle
l’existence de contacts, alors que Bernard Van Craeynest et Alain Olive
avaient décidé de garder la primeur de la nouvelle à leurs troupes. A
l’Unsa, où les fédérations sont d’un naturel remuant, revers de l’autonomie
inscrite dans les statuts du syndicat, c’est la levée de boucliers. « On
nous met devant le fait accompli », se plaignent, sous couvert de
l’anonymat, de grandes figures du syndicat, fort marries de n’avoir été que
très tardivement mises dans la confidence. « Ils nous vendent à la droite »,
hurle une figure de l’organisation. Les cheminots ? Ils préféreraient un
mariage avec
la CFTC.
L’éducation ? La plus grande organisation, qui
revendique 80.000 adhérents (un cinquième des effectifs officiels de l’Unsa)
est dubitative. Patrick Gonthier, secrétaire général de l'éducation, se dit
à la fois « lucide et sceptique ». Et demande très officiellement à être «
plus associé à l’avenir, dans la plus totale transparence, avec plus de
dialogue interne». Les syndicats affiliés, comme le Spaen (Areva), trouvent
la CGC trop « catégorielle ». Mais c’est surtout dans la police que
l’incompatibilité entre la CGC et l’Unsa est la plus évidente : entre
l’Unsa-Police et les syndicats affiliés à la CGC (Synergie pour les
officiers, Alliance pour les gradés et gardiens de la paix), la rivalité est
incessante, aiguisée par de profondes divergences politiques…
A la CGC aussi, le débat fait rage. Les grandes fédérations, celles qui
siègent au comité directeur, sont très partagées. « Y avait-il une telle
urgence ? se demande à haute voix un des membres du comté directeur qui
refuse d’être cité. On risque de prendre les militants de court. Cette
affaire est en fait assez symptomatique de la crise actuelle du syndicalisme
: l’appareil a un coup d’avance parce qu’il veut continuer à fonctionner.
Mais les adhérents, eux, ont plus de mal à suivre. »
Finalement, l’Unsa et la CGC donnent, dans l’après-midi de jeudi, un mandat
à leurs dirigeants pour continuer
la discussion. Mais à condition que les
négociations ne soient pas exclusives. La conférence de presse commune
prévue ce vendredi 18 avril au Cercle républicain, une salle près de
l’Opéra, est annulée. Les fiançailles sont repoussées, pour l’instant.
Place, désormais, aux discussions. Elles promettent d'être longues, et
tumultueuses. En tout état de cause, les congrès de l’Unsa et de la CGC, qui
pourraient entériner une union éventuelle, ne sont pas prévus avant l’an
prochain.
Des organisations syndicales qui risquent la disparition, d'autres qui
crient déjà victoire... La négociation sur la représentativité, qui a abouti
la semaine dernière, vire presque au psychodrame. Tandis que les petits
syndicats hurlent contre la CFDT et la CGT, les deux grandes centrales,
elles, pensent déjà à leurs lendemains qui chantent. Rêvant, sans le dire, à
dévorer tous leurs petits collègues dans la grande recomposition syndicale
qui s'annonce.
Il nous paraissait important de raconter cette semaine où tout a basculé, en
interrogeant directement les acteurs, pris dans un tourbillon dont ils
n'avaient pas tous décelé l'ampleur. Certains ont accepté de parler micros
ouverts, d'autres ont réclamé l'anonymat. Quand il s'agit de contester la
ligne officielle, beaucoup de syndicalistes préfèrent en effet faire profil
bas. Surtout quand l'orage gronde. »
14 avril 2008
Quand la présidente du MEDEF défend le mouvement lycéen
Laurence Parisot estime que les lycéens qui manifestent contre les suppressions d'emplois prévues dans l'enseignement secondaire sont "absolument formidables", et considère que cela "fait déjà un bon bout de temps" qu'on "ne traite pas bien" les nouvelles générations.
"Je dis (aux lycéens) que je les trouve absolument formidables d'exprimer cette exigence de qualité", de montrer qu'ils veulent une "éducation de très bon niveau", a expliqué la présidente du MEDEF dimanche.
Et ce, même si "on peut accepter tout à fait l'idée que ce n'est pas forcément par un indicateur quantitatif qu'on trouve le meilleur fonctionnement qualitatif possible".
Plus largement, "ça fait déjà un bon bout de temps que nos nouvelles générations, on ne les traite pas bien", a-t-elle observé lors du "Grand Rendez-vous" Europe-1/TV5Monde/Le Parisien/Aujourd'hui en France.
Rappelant qu'elle avait été "très réservée" sur le CPE (Contrat première embauche), Laurence Parisot a estimé qu'on avait "maltraité" les jeunes "en n'étant pas capable de gérer le dossier des retraites".
On leur fait porter un poids "considérable": "comment peuvent-ils avoir (de) l'assurance" alors "qu'ils savent qu'ils vont peut-être bosser beaucoup, longtemps, sans pour autant avoir la garantie (...) de pouvoir bénéficier d'une retraite quand ils seront des seniors? C'est particulièrement injuste", a-t-elle jugé.
On a aussi maltraités les jeunes "parce que la planète est en danger", a observé la présidente du Mouvement des entreprises de France. "Je les comprends dans leurs angoisses".
Cherchant à rassurer les nouvelles générations, Laurence Parisot a souligné qu'il y avait "plein" de "métiers qui recrutent". "Les entreprises ont besoin" des jeunes, a-t-elle déclaré.
"Les besoins d'embauches sont gigantesques" car "il y a un enjeu démographique" et "on a aussi besoin d'eux pour qu'ils nous apportent leurs idées", leurs "valeurs", leur "culture", "c'est comme ça que nos entreprises évoluent", a-t-elle dit.
13 avril 2008
L'envolée du prix des denrées alimentaires, un phénomène mondial
Par Prometheus, lundi 25 février 2008 (www.fondation-prometheus.org)
"L'envolée des prix des denrées alimentaires est un phénomène mondial, dû au pouvoir d'achat croissant dans les pays émergents comme la Chine, mais aussi au développement des biocarburants ou encore à la spéculation sur les matières premières.
Commencé il y a deux ans, c'est "un phénomène qui s'est accéléré en 2007", remarque Chris Lupoli, stratège inflation chez UBS.
L'indice de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mesurant l'évolution des prix alimentaires dans le monde a bondi de près de 40% l'an dernier.
Champion de la hausse, le blé a flambé de 287% sur les marchés mondiaux de matières premières depuis le 1er janvier 2006. Le maïs et le soja ont pris respectivement 149% et 129%, tandis que les prix du riz ont grimpé de 60%, ceux du café de 139% et ceux du jus de fruit de 23%, souligne Thierry Lefrançois, analyste matières premières chez Natixis. Première explication: les changements de mode de vie dans les pays émergents comme la Chine, qui adoptent une alimentation plus carnée, ce qui nécessite plus de bétail, donc plus de maïs, de blé et de soja pour les nourrir, et davantage de surfaces cultivées.
"Quantité d'événements climatiques depuis deux-trois ans ont eu un impact", en particulier la sécheresse et de mauvaises récoltes de blé en Australie, souligne aussi Thierry Lefrançois. Il fait valoir également une mauvaise anticipation au niveau européen: "la Politique agricole commune (PAC) a réduit les surfaces" cultivables car les autorités tablaient sur une baisse de la demande.
Autre facteur clé: la vogue des biocarburants en Europe et aux Etats-Unis, et "l'utilisation de céréales et oléagineux pour produire du bioéthanol ou du biodiésel, qui fait concurrence à une utilisation alimentaire de ces ressources", note Chris Lupoli. Enfin, en période d'incertitude économique, les matières premières, y compris alimentaires, sont devenues des valeurs refuge pour les investisseurs. Pour M. Lupoli, la tendance haussière est "un problème structurel qui va durer". Un avis partagé par M. Lefrançois. Il remarque que pour que les prix baissent, il faudrait "augmenter les surfaces agricoles", ce qui ne peut aller au-delà de la mise en culture des jachères, ou "que les gens reviennent à une alimentation traditionnelle à base de riz". Ce qui lui semble improbable "tant que la croissance économique sera là" dans les pays émergents. Or, la Chine a enregistré une hausse de son produit intérieur brut de 11% l'an dernier."
11 avril 2008
Les mémoires de Danielle MITTERRAND
"Le livre de ma mémoire" édition Jean-Claude GAWSEWITCH que je recommande vivement à tous. Je peux aussi le prêter, si vous n'avez rien contre les livres qui vivent (à savoir, cornés, annotés, surlignés....)...
Un passage pour réveiller les consciences...
" Plus mes souvenirs concernant l'entre-deux guerres se complètent, plus j'avance dans le rappel de l'histoire écrite par Hitler, plus je m'interroge sur l'actuel engouement pour l'ordre, la puissance, au mépris de la vie des autres dans les faits, même si les paroles sont doucereuses. Il est des mots dans notre vocabulaire qui éveillent les démons les plus terribles dans un certain contexte. Alors, je ne peux m'empêcher de frémir lorsque d'aucuns, de nos jours, osent parler d' "axe" Bush-Sarkozy...il serait sage que les Américains eux-même, et les Français, c'est à dire nous, pareillement concernés, demandent quelques précisions à leurs dirigeants sur leurs intentions respectives. Dans un autre domaine, que vient faire, par exemple, la lecture des gènes et de l'ADN dans notre quotidien? Quelle est leur véritable vision du Moyen Orient? Détruire pour régner ou être solidaire d'une population qui est otage d'une politique insensée?
Pour ceux d'antan, ces mots évoquent un processus alarmant de recherche de l'hérédité. Un déjà vu déjà vécu. Pensez-y, ne souriez pas, ne soyez pas comme ceux qui, paralysés par la peur et le doute, entretiennent, à l'exemple de l'"esprit de Munich", un laxisme qui, en d'autres temps, les auraient fatalement conduits à la Deuxième Guerre Mondiale"
et un passage plus souriant...pour l'éternel recommencement à gauche...
"Parce qu'il s'agit de "nuances" portées par des courants, on évoque tel ou tel du moment. Peu importe le personnage, ce sera le même scénario tout au long du siècle - ce dont je peux témoigner. Et si je ne mettais pas toute ma confiance en l'instinct de conservation de la vie qui nourrit mes espérances, j'aurais baisser les bras depuis bien longtemps. Union, scission, union, scission,union....
Jusqu'en 1904, une flopée de groupuscules élève la voix en discordance: POF, PSR, PSDT, FTS, POSR, PSF et tant d'autres autour de ces mêmes lettres. Le O signifiant "ouvrier", le S, "Socialisme", le R "Révolutionnaire". P voulant dire "Parti" et F "Français"...sinon "Fédération", le T "Travailleur", et le D "Démocratie" (...)
Un pas est franchi, fin novembre 1904: une commission d'unification est créée, non sans peine, chacun cherchant à tirer la couverture à soi....
Mais nécessité fait loi. Enfin, cela peut arriver! Les antagonistes, en l'occurence, Jaurés, l'humaniste et Guesde, le rigide doctrinaire, se fédèrent et entraînent l'ensemble des groupuscules à accepter de se fondre dans une "section française de l'internationale ouvrière" la SFIO. Cela se passe à Paris, boulevard de Strasbourg, salle du Globe, les 23 et 24 avril 1905."
Cette autobiographie est un véritable plaisir de lecture. Danielle MITTERRAND y mêle souvenirs personnels, évènements historiques et références contemporaines....avec gravité et humour...
Une vraie grande et belle Dame, Ma dame.
09 avril 2008
L'arrêt de mort programmé du service public
Le projet de loi sur la mobilité du fonctionnaire.
Le texte prévoit par ailleurs plusieurs mesures en cas de "restructuration", si l'emploi est "supprimé" ou "modifié": réorientation professionnelle (formation, reconversion), prime, allocation d'aide au conjoint. Les agents refusant successivement trois emplois seront "mis en disponibilité d'office" ou à la retraite.
06 avril 2008
Analyse de DSK sur la crise mondiale
LA TRIBUNE.FR
Les risques baissiers se matérialisent, selon Strauss-Kahn
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"Les prévisions que nous allons publier dans quelques jours ne sont pas vraiment en amélioration et la plupart des risques baissiers identifiés il y a six mois se sont matérialisés", a-t-il dit lors d'une conférence à Watford, en Angleterre, en présence du Premier ministre britannique Gordon Brown.
"D'ores et déjà cela ramène la prévision de croissance mondiale pour l'année prochaine à 3,7%, ce qui est la plus faible de ces deux dernières décennies", a-t-il ajouté en faisant apparemment allusion à la croissance de 2008.
Le FMI publie le 9 avril, comme chaque semestre, ses Perspectives économiques mondiales.
Jeudi, l'organisation a annoncé avoir réduit sa prévision de croissance 2008 pour la deuxième fois cette année, prenant acte des répercussions de la crise de l'immobilier et du crédit aux Etats-Unis sur le reste du monde.
La nouvelle prévision de 3,7% pour la croissance mondiale cette année se compare à des estimations antérieures de 4,1%, en janvier, et de 4,8% en octobre.
La révision à la baisse s'explique par "le ralentissement qui se poursuit aux Etats-Unis" et la contagion "assez rapide aux pays européens", a expliqué Dominique Strauss-Kahn.
"La soi-disant théorie du découplage semble être trompeuse. En réalité, les pays émergents, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, souffrent du ralentissement du reste du monde, même s'ils maintiennent des niveaux élevés de croissance", a-t-il dit.
Pour DSK, seul le retour à la confiance dans les institutions financières pourra permettre de sortir de la crise.
"La seule bonne nouvelle est du côté du commerce international", a-t-il ajouté en faisant allusion aux espoirs d'accord dans les négociations commerciales de l'OMC.
Véronique Tison
04 avril 2008
Les questions posées aux adhérents du PS par Ségolène Royal
Une fois de plus, c'est Ségolène Royal qui commence.
Alors que les candidats, déclarés ou supposés, à la succession de François Hollande n'osent aborder frontalement la question du congrès, se répétant que "le premier qui tire meurt", la présidente de la région Poitou-Charentes fait preuve de plus de témérité.
Un texte, dont le titre est "Comment le congrès du PS peut être utile aux Français ?", pose dix questions qui pourront être modifiées ou complétées par les adhérents du parti sur un site Internet mis en service dans les prochains jours.
1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
2. Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
4. Il faut pousser l'agilité des entreprises, le goût du risque et l'esprit d'entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l'entreprise ?
6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s'attaquer aux injustices sociales ?
7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d'engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?






